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Le Fil d'Argent (Rebecca G.)

Extrait 3, revu et corrigé

15 Mai 2015 , Rédigé par Rebecca G. Publié dans #Le Fil d'Argent (et le parcours du combattant)

Extrait 3, revu et corrigé

Suite aux commentaires reçus - et qui m'ont paru justifiés -, je me suis repenchée sur le texte mis en ligne hier, et je vous en présente aujourd'hui la deuxième version.

Cela vous donnera une idée de ce que je m'évertue à faire chaque jour, lorsque je retravaille mon manuscrit...

Extrait 3, revu et corrigé

J'attends vos réactions:

Pensez-vous que cette nouvelle version apporte une lecture plus fluide et plus agréable?

Les corrections vous semblent-elles opportunes?

Ou bien, au contraire, préfériez-vous le texte original?

La parole est à vous!

Les débats sont ouverts!

Bonne journée à tous,

Reb.

Il ouvrit le boîtier du CD comme on ouvre l'écrin d'un diamant rare dont on n'est pas encore out à fait sûr de la valeur, et inséra le disque dans le lecteur. Il aurait menti s'il avait affirmé ne pas ressentir une certaine appréhension. Il redoutait, et attendait tout à la fois, la possibilité de voir resurgir à sa conscience des images effacées. Ces trois mois d'inconscience n'avaient-ils été finalement qu'un long sommeil…, ou bien était-il vraiment parti puis revenu, comme l’affirmait Ben avec conviction ? Était-ce vraiment cette musique qui l'avait tiré des limbes ?

Il alla s’asseoir dans le fauteuil en cuir qui faisait face à la chaîne et appuya sur le bouton de la télécommande pour lancer la lecture.

 

Les premières mesures étaient douces, légères, plaisantes. Il laissa sa tête reposer en arrière sur le dossier et concentra toute son attention sur le son qui s'élevait des enceintes et remplissait l'espace crescendo.

Il aima aussitôt cette musique. Il l’aima infiniment.

Il y avait dans cette mélodie, dans ces notes, quelque chose d'envoûtant, d’hypnotisant... Son épiderme fut le premier à réagir : les poils de ses bras et de ses jambes se hérissèrent, frémissant d’aise. Ses paupières se fermèrent presque instantanément, et il n'eut bientôt même plus conscience de son environnement. La musique l'envahit pleinement et totalement, oblitérant absolument tout ce qui l'entourait. Elle pénétra chaque parcelle de son être, s’immisçant dans chaque recoin, s'infiltrant dans chaque cellule... puis s'y déployant aussi délicieusement qu'un bouton de rose s'épanouissant au soleil, aussi merveilleusement qu'un gigantesque papillon tropical aux mille couleurs sortant de son cocon soyeux après avoir sommeillé à l'insu des regards.

Il ne chercha même pas à comprendre ce qui était en train de lui arriver. Son esprit, littéralement possédé, avait perdu toute capacité de réflexion, son cerveau était comme déconnecté. Il se laissait porter, se sentait seulement vibrer, sentait son âme trembler au diapason de cette mélodie sublime qui l'habitait… Sa respiration se fit plus lente et plus profonde, les battements de son cœur s'accordèrent au rythme des notes ; chaque onde sonore transperçait les pores de sa peau pour se fondre au flux de son sang. Et pendant que ces ondes mouvantes prenaient possession de son corps, son âme subissait le plus merveilleux des enchantements, la plus délicieuse des fascinations. Il frôlait l’extase, par cette mélodie extraordinaire qui faisait corps avec lui. Il était devenu cette musique et cette musique était lui. Une fusion parfaite.

Il se sentit planer, flotter, décoller. Il s'élevait, tandis que la musique elle-même poursuivait son vol. Et bien qu'il eût toujours les paupières closes, ses yeux se dessillèrent soudain : il s'élevait toujours… mais ce n'était plus une simple sensation.

Il montait avec une légèreté extraordinaire, et voyait, sans comprendre, le plafond de la pièce se rapprocher de lui, puis s'immobiliser à quelques centimètres. Toutes ses facultés de réflexion lui revinrent : pourquoi se trouvait-il là, à cette hauteur, immobile ? Il pivota sur lui-même, et fut pris de stupeur.

 Deux mètres au-dessous de lui, il se voyait dans le fauteuil. Ou plutôt, il voyait son propre corps étendu mollement sur le siège en cuir. Sa main, posée sur l'accoudoir, tenait encore la télécommande de la chaîne hifi. Entre lui et ce corps s'étendait un long cordon immatériel et luminescent, de couleur argentée, qui semblait palpiter d'énergie, et qui, il le sut instantanément, le retenait attaché à la vie. Il se regarda longuement, là, dans ce fauteuil, et fut surpris de rester si calme ; un bien-être extraordinaire, une paix intérieure, l’empêchaient d’avoir peur.

Il prit alors conscience de sa nouvelle apparence :  fluide, légère, comme une onde, sans réelle consistance, mais ayant toujours la forme d'un corps humain. Un corps éthéré, bleuté, légèrement lumineux, et imperceptiblement transparent, mais pourvu de membres et de sens. Il voyait, il sentait, et surtout… il entendait. La musique n'avait pas cessé. Elle était encore plus belle, plus merveilleuse, qu'avant. Comme si sa faculté d'entendre avait été décuplée, comme si des sons nouveaux, inaudibles à l'oreille humaine, lui étaient à présent révélés. Même son bureau, ce lieu qui pourtant lui était si familier, lui apparaissait différent. Chaque objet y était nimbé d'une auréole de lumière mouvante et colorée, donnant à l'ensemble une vision presque féerique.

Pourtant, tel un oiseau épris de liberté et soudainement délivré d'une cage trop étroite, il aspirait à sortir d'entre ces murs imposants. À peine eut-il pris conscience de ce désir, qu'il fut propulsé à une vitesse incroyable hors de l'enceinte de l'immeuble. Il venait, à sa plus grande stupéfaction et en l'espace de quelques secondes, de traverser les murs de briques de plusieurs dizaines de centimètres d'épaisseur aussi facilement que s'il s'était agi d'une nappe de vapeur. Ce ne fut cependant pas une expérience des plus agréables…

Il flottait à présent au-dessus du James Walker Park, dans Leroy Street et poursuivait son ascension. Les toits plats des immeubles formaient de gros blocs rectangulaires parfaitement alignés, les longs rubans d'asphalte gris cendre quadrillaient les parcelles de terrain, et les arbres n’étaient plus que des taches ocres et vertes disséminées dans les rares espaces vides. Le West Village comme il ne l'avait jamais vu… !

Le lien argenté ondulait toujours entre lui et le corps délaissé quelque part en bas, révélant son extrême capacité d'extension. Il était à présent plus fin, ressemblant davantage à un fil d'argent et Tom savait que tant que ce fil serait là, tout irait bien…

Continuant donc son exploration spatiale, s'élevant toujours plus haut,  il put bientôt discerner Greenwich Village dans sa totalité, puis tout Manhattan découpé par l'Hudson River, morceau de terre craquelé, fissuré, lézardé par l'infiltration de l'eau. Et l'Upper Bay lui parut comme un trou béant, ouvert sur l'océan. L'Océan : un monde infini qui s'étalait devant lui et s'offrait sans réserve à sa vue si soudainement illimitée…

Note: en rouge, les passages principaux qui ont été changés (avec pas mal de "il" supprimés...) ;)

Il y a eu d'autres corrections mais je les ai laissées en noir, pour une meilleure visibilité.

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Camille 28/05/2015 00:34

cela à l'ai décicieux,je vais l'envoyer sur 'ordinateur d'Alain c'est alléchant
amicales pensées

Rebecca G. 28/05/2015 12:54

Merci de votre visite, Camille.
Mais... qui est "Alain"??? ;)
Bises

mamazerty 21/05/2015 17:56

je lis directement la correction,je trouve le rythme très bon...on sent le bien-être de Tom et on voudrait bien essayer nous aussi....Pour le contenu je ne sais si quelque part tu expliques un peu ce processus (la traversée des murs, les couleurs différentes des lumières....) qui a été je crois déjà raconté sinon expérimenté par ceux qui ont (auraient) fait des expériences de décorporéité...ou pas....

Rebecca G. 21/05/2015 18:18

Je suis heureuse que tu aies pu ressentir un peu ce que Tom ressent...! :)
Non, je n'explique pas plus en détails, l'essentiel du livre n'étant pas là... Tom va vivre beaucoup d'expérience troublante, déstabilisante, mais il va vite comprendre que tout ce qui lui arrive n'a rien d'aléatoire... Beaucoup de "coïncidences", trop d'indices, lui feront comprendre que TOUT a un sens, et que la raison de ce qui lui arrive se trouve dans un passé révolu...
Or, Tom va bientôt s'apercevoir qu'il peut se rendre dans ce passé et être témoin des évènements qui y ont eu lieu. C'est là qu'il cherchera les réponses à ses questions...

Quichottine 17/05/2015 18:27

Oh je suis désolée... ayant repris tes articles dans leur ordre de parution, je n'ai pas lu la bonne version. :(

Ceci étant, mes remarques du jour sont toujours valables, semble-t-il. :)

Rebecca G. 17/05/2015 21:42

Pas de problème. :)
J'ai bien pris note de tout ce que tu m'as dit.
Demain, je vais rédiger la dernière version (en date) avant de continuer sur mon manuscrit...
Bonne soirée et bonne nuit à toi!
Bises

flipperine 16/05/2015 23:47

de bonnes corrections

Rebecca G. 17/05/2015 09:16

Merci. Vos commentaires m'aident à m'améliorer. C'est formidable de pouvoir avoir un regard extérieur donné par des "inconnus" (et non seulement par des amis ou des proches...), c'est vraiment un plus!
Bises,
Bonne journée! :)

Rebecca G. 15/05/2015 18:11

La colère? que néni!!
Je suis bien trop perfectionniste pour ça...! ;)
Alors c ok, je garde cette version.
A plus...

realkiller 15/05/2015 17:32

Franchement je le préfère ce texte :-)
J'ai même cru à un moment qu'on pouvais deviner ta colère car y'a même du bleu qui à disparu
Pour moi c'est beaucoup plus fluide :-)